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Le pourquoi du comment.

Merci à Nicolas Portetelle (mon premier podcast) et à Vincent Massaux (Namur Chouette), je pensais que je n’aimais pas écrire, la participation à leurs interviews a débloqué quelque chose en moi. J’aime écrire et j’ai envie de partager avec vous mon parcours, le pourquoi du comment.


A la sortie des humanités, en 1985, je ne sais pas très bien quelles études choisir. Je me revois encore me questionner sur mon avenir, quel métier, que faire ? Je rêvais surtout d’être une maman. Mais maman, ce n’est pas un métier.


J’ai fait un graduat, on dit bac maintenant, en biologie médicale, puis un autre de promotion sociale en informatique. J’ai rencontré mon futur mari pendant des vacances, hors des sentiers touristiques classiques. J’ai travaillé 2 ans en génétique médicale. Nous nous sommes mariés. Nous désirions avoir une famille nombreuse et y consacrer du temps. 4 enfants sont nés en l’espace de 5 ans et demi, une fille puis trois garçons. C’est donc tout naturellement que j’ai endossé le métier de maman au foyer. Car oui, maman au foyer, c’est un métier à part entière, c’est être chef d’entreprise sans rémunération. Et donc avec un seul salaire, il y a des concessions. On apprend à vivre plus simplement. J’ai arpenté avec plaisir les bourses aux vêtements ou aux jouets pour dénicher la perle rare à petit prix.  J’ai fait les collations des enfants, préparé mon pain, mes gâteaux.  Je me suis occupée de leurs devoirs, fait réciter les leçons, j’ai trouvé des astuces pour les tables de multiplication, les conjugaisons, l’orthographe,… Devenus plus grands, j’ai corrigé leurs travaux. Nous avons bricolé, chanté, nous avons découvert la nature, les joies simples.

Nous sommes partis en vacances à la montagne, mais en été. Notre numéro 4 est différent, extraordinaire, avec des demandes et des repères qui lui sont propres, nous sommes obligés d’aborder la vie avec créativité. Pour lui, je me suis « battue » pour que son transport scolaire lui soit adapté et non l’inverse. J’ai grandi avec lui, jour après jour, pour lui permettre d’avoir une vie la plus « normale » possible.

Mais être maman à temps plein, ne veut pas dire se couper de toute vie sociale. J’ai été déléguée à la Ligue des familles, bénévole au comité de la Saint-Nicolas et des fêtes du village, je suis membre de l’esprit de Sel (Système d’échange locale), j’ai été co - coordinatrice du SEL, je suis active dans un Repair café, dans le GEF (Groupe Éghezée - Fernelmont en transition).


Et puis, il y a la lecture, la chorale, le djembé, les sorties,  les repas partagés avec les ami.e.s, la famille. La journée « hors de la routine » consacrée à chaque enfant.

Certains jours ont été plus difficile, plus fatigant, plus éreintant, mais je n’ai jamais regretté notre choix de vie. Jamais je ne me suis ennuyée, contrairement à ce que certains pensaient. Et lorsque les vacances prenaient fin et que mes 4 loustics retrouvaient les bancs de l’école, NON, je ne me sentais pas enfin en vacances. Moi, j’adorais les avoir près de moi, se lever sans réveil, être libre, prendre le temps de vivre, de jouer, de découvrir….

En 2004, nos enfants sont encore jeunes 12, 10, 9 et 7 ans. Il y a de la tension à la maison,  pour garder le cap, pour moi, pour nos enfants, pour notre famille, je cherche une activité. Nous participons à une séance de yoga du rire. Je découvre  le rire sans raison, je partage de superbes moments de connivence avec mes fils. J’apprends à prendre du recul par rapport aux difficultés de la vie familiale. Je retrouve le sourire, je prends soin de moi et je prends soin de nous. Pendant 4 ans, je participe à ces séances avec notre fils différent. Ce moment, lui est bénéfique, il rit, joue, partage, se relaxe. L’approche du yoga du rire me plaît, elle est ouverte à tous sans distinction aucune. Notre fils, malgré son handicap mental, est plein de bon sens, il nous pousse à regarder la vie du bon côté. C’est sous son impulsion, qu’en 2008, je décide de me former à l’école de Yoga du Rire de Belgique selon la méthode originale du docteur Madan Kataria. Chaque fois que j’anime une séance, je remercie mon fiston de m’avoir poussée. J’ai dépassé ma timidité, pris confiance en moi.

A partir de la formation du rire sans raison, je poursuis l’aventure du développement personnel. Jour après jour, j’apprends à connaître et à reconnaître mes forces, mes faiblesses, mes émotions, et celles de mes proches. J’agrandis ma zone de confort, j’avance un pas à la fois.
Les années passent, les enfants grandissent, sont partis vivre leur vie d’adulte, de parents ou sont sur le point de quitter le nid, mon métier de maman à temps plein se transforme en métier de maman à temps partiel. J’ai du temps pour me consacrer à autre chose et, à 50 ans, je réorganise ma vie et crée l’ASBL Joie de rire.

 

 

 

J’aime cette vie que j’ai la chance de vivre et je suis heureuse !

 

 

MERCI LA VIE !


Commentaires: 3
  • #3

    Laurence (lundi, 11 mars 2019 16:15)

    Bravo Isabelle de nous avoir partagé ce joli texte rempli d'authenticité ! Et Bravo pour tout ce que tu es et ce que tu donnes ! Merci de nous apprendre à rire en toutes circonstances.

  • #2

    anne (mercredi, 06 mars 2019 17:52)

    merci Isabelle, moi non plus, je ne peux pas oublier que la vie est belle et en vaut vraiment la peine.
    le yoga du rire est une source naturelle de bien-être et même si l'on se connait depuis des années, cela ne m' empêche pas de rire de bon cœur avec toi

  • #1

    Yolande (mercredi, 06 mars 2019)

    Isabelle, continue à écrire si tu aimes ton récit est très attachant et donne envie de lire jusqu' au bout. Je viendrais découvrir ton yoga du rire mais cela fait plusieurs fois que je ne suis pas disponible le jour du cours. En tout cas je suis très contente d'avoir fait ta connaissance. A très bientôt. Bisous